Le riz à Madagascar

Source: Wikipedia
Oryza sativa
Rice Plants (IRRI).jpg
Scientific classification
Kingdom: Plantae
Clade: Angiosperms
Clade: Monocots
Clade: Commelinids
Order: Poales
Family: Poaceae
Genus: Oryza
Species: O. sativa
Binomial name
Oryza sativa

Le riz, en malgache « vary » est la base de l’alimentation des Malgaches, témoin d’un héritage de la culture asiatique à l’origine du peuple malgache.

A Madagascar, le menu traditionnel est composé d’un plat de riz, d’un accompagnement ou laoka (viandes et légumes cuits), d’un plat d’achards (légume frais) et du ro-mazava ou du ranovola. Ce plat sera ensuite suivi par un fruit en guise de dessert. Éventuellement, et habituellement pour les grandes occasions, il est aussi précédé de deux entrées chaudes et froides. Le riz constitue le « blanc » dans le fameux plat traditionnel aux couleurs du drapeau national malgache, le Ravitoto sy Henakisoa.

Le riz malgache est l’équivalent du riz asiatique Oryza sativa, différent du riz africain Oryza glaberrima. Ces deux espèces sont les seuls à être cultivés. Toutefois, des gènes provenant d’autres espèces ont été intégrés dans le génome de l’Oryza sativa pour plusieurs raisons, comme c’est le cas du Xa21 de l'Oryza longistaminata qui permet à l’espèce de résister à la maladie appelée bactériose du riz.

Madagascar est le 2e plus gros consommateur de riz après Myanmar (ex-Birmanie). En même temps, le riz est ancré fortement dans la culture malgache.

Différents types de cuisson

Un Malgache mange en moyenne 200 kg par an, au rythme de trois fois par jour. Il existe différentes façons de cuire le riz. Le matin, les Malgaches mangent du vary sosoa, un potage de riz sans aucun autre additif. Le vary sosoa est d’autant plus délicieux que le riz est consommé rouge. Celui-ci est accompagné de kitoza (viande de zébu fumée, séchée et grillée). Le midi, les Malgaches mangent du vary maina (riz blanc classique) accompagné de laoka (préparation à base de viandes et de légumes). Et le soir, le vary sosoa revient avec du laoka. Celui-ci peut être remplacé par du vary amin’anana, ou du riz cuit avec des brèdes, des feuilles comestibles.

like tweet plusone

La production du riz

De ce fait, les besoins en riz du pays sont énormes. Les rizières occupent un peu moins des surfaces cultivées des terres malgaches, environ 4 à 5 millions de tonnes en moyenne pour 1,2 million d’hectares de terre cultivée. Malgré tout, Madagascar importe encore du riz. Alaotra et Marovoay sont les localités qui produisent le plus avec des rizières à perte de vue. Sinon, c’est dans la région Betsileo qu’on retrouve les plus belles rizières en terrasse à Madagascar. Pour donner un aperçu de l’importance de la culture du riz à Madagascar, les rizières s’invitent même dans la capitale, à quelques minutes du centre-ville, peu importe la direction que vous prenez.

Il existe différents types de modes de production de riz à Madagascar, correspondant à différentes périodes de récolte. Le vary aloha sont semés en premier et récoltés dès le mois de janvier jusqu’en mars. Le vary jeby, originaire de Marovoay est récolté en juillet jusqu’en septembre. Enfin, le vary vakiambiaty, originaire d’Alaotra, est récolté en Avril jusqu’en juin. Dans certaines localités, certains cultivateurs réussissent à récolter du riz deux fois dans l’année sur le même terrain, même si ce mode de production est déconseillé puisqu’il appauvrit fortement la terre. La condition pour que ce mode de production soit possible est l’abondance de l’eau sur le terrain utilisé.  

Le travail quotidien de la production du riz

Rizière Alaotra

Des rizières d'Alaotra, dans le nord-est de Madagascar

Le début du cycle commence par le labour. Celui-ci est effectué par la force des bras (et d’une bêche) ou à l’aide de zébus et d’une herse. Auparavant, les Malgaches ont eu recours au piétinement des zébus, mais cette technique tend à disparaitre. L’irrigation est assurée par une source environnante et un système de canalisation minutieusement préparé.

La culture du riz à Madagascar a recours au système de repiquage qui consiste à semer au préalable les graines de riz sur un premier terrain, avant de repiquer sur un second terrain de manière plus ordonnée afin de donner la possibilité aux épis de se développer convenablement. Ce système permet de lutter contre les mauvaises herbes et de faciliter l’entretien.

La moisson est ensuite effectuée à la faucille. Les gerbes seront ensuite battues violemment contre une grosse pierre ou un fut pour en détacher les graines de riz. Après quelques jours de séchages au soleil, les graines seront ensuite désossées grâce à une machine ou manuellement par pilonnage (à l’aide d’un mortier et un pilon).

L’apport du riz pour la santé

Le riz apporte de l’énergie à notre corps. Un adage malgache dit qu’« Un Malgache doit obligatoirement manger du riz », en relation avec le recours à des solutions de substitutions proposées lorsqu’on ne peut rentrer chez soi dans la journée pour prendre son ratio de midi en riz. En outre, 100 g de riz apporte environ 20% de notre besoin quotidien en glucide. Il est aussi recommandé pour combattre le diabète, les maladies cardio-vasculaires et l’obésité.

Le riz et le fihavanana

En tant que principale activité en milieu rurale, la culture du riz est aussi fortement liée à la société malgache. Les différentes étapes de la culture du riz donnent lieu à une grande manifestation du concept du fihavanana au sein de la société. En effet, une seule famille ne peut s’occuper de plusieurs rizières. Chaque famille doit faire appel aux autres villageois pour l’aider. Et à charge de revanche, la famille doit à son tour venir en aide aux autres le moment venu, sans aucune compensation financière. 

 

Revue de Presse