L'Aloalo

L’Aloalo, un ensemble des pièces de bois sculptées (ou poteaux) surmontant les tombeaux dans le sud de Madagascar, une tradition ancestrale chez les Mahafaly et les Antandroy. Ce sont des totems qui représentent le quotidien d’un défunt, reflètent toute une scène de vie et peuvent même prendre l’apparence d’objets.

La symbolique de l’Aloalo

Tombeau Mahafaly

Quatre Aloalo sur un Tombeau Mahafaly

On y retrouve donc plusieurs sortes de figures choisies selon le passé du défunt (un camion s’il est chauffeur, un vélo, etc….). Sur un tombeau Mahafaly, on peut trouver au moins quatre « aloalo », un chiffre qui peut augmenter selon la situation sociale du défunt. Le nombre d'« aloalo » sur un tombeau symbolise la noblesse du défunt, sa richesse et son succès. Donc, plus il y a d'« aloalo », plus la personne a eu un statut social élevé.

Le décor et la forme des « aloalo » peuvent donc varier selon les groupes ethniques, ce sont surtout le peuple des Antandroy et des Mahafaly qui sont concernés. Les « aloalo » surmontés ou mêlés de cornes de zébus quant à eux représentent le nombre de zébus que la personne a acquis toute sa vie. Tout le bétail du défunt doit être exécuté pendant les funérailles et sert d’approvisionnement pour le village qui participe aux rites funéraires, qui peuvent durer plus d’un mois. Ensuite, les cornes ainsi récupérées seront étalées au-dessus du tombeau pour honorer le défunt.

Les Malgaches croient au passage de l’âme du défunt au statut d’ancêtre, dont ils vouent un culte. C’est pourquoi les rituels « sacrés » de l’enterrement doivent être scrupuleusement respectés. On retrouve justement cette tradition chez les Mahafaly. Les Aloalo sont uniquement fabriqués après la mort du défunt. Ce qui explique en partie cette longue attente avant l’enterrement. L’Aloalo, ainsi que le cercueil est fabriqué à partir d’un bois dénommé «  Nendoravy ». Ils sont fabriqués loin des habitations, dans la forêt par un spécialiste qui ne doit pas être un membre de la famille. 

De nos jours

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Chez le Mahafaly, rares sont les familles qui respectent à la lettre ces différentes traditions. Lorsqu’il s’agit par exemple de sacrifier tous les zébus du défunt pour les festivités, la valeur de ces derniers et la dureté de la vie ne le permettent plus. On retrouve cependant toujours des tombeaux décorés d’Aloalo et de cornes de zébus dans le Sud-Ouest de Madagascar.

D’un autre côté, l’Aloalo n’a plus gardé son symbolique macabre. Devenus un réel symbole de Madagascar, les Aloalos ornent des vêtements et des objets souvenirs qui font le tour du monde. 

Revue de Presse