Christianisme à Madagascar

Eglise catholique de l'Immaculée Conception Andohalo

Eglise catholique de l'Immaculée Conception Andohalo

Le christianisme est la religion dominante à Madagascar. Environ 60% des Malgaches sont chrétiens, malgré le fait qu’un très grand nombre de Malgaches marie très bien la foi chrétienne et la religion traditionnelle des Malgaches. En effet, la religion traditionnelle malgache, malgré qu’elle soit basée sur le culte des ancêtres, reconnait l’existence d’un Dieu unique que les Malgaches tendent à rapprocher du Dieu chrétien. C’est ainsi qu’on peut dire que le christianisme et le culte des ancêtres coexistent de manière pacifique à Madagascar.

Lorsqu’on parle de christianisme à Madagascar, on ne peut oublier le FFKM (Fikambanan’ny Fiangonana Kristianina eto Madagasikara) ou l’Union des Églises Chrétiennes de Madagascar créée le 20 janvier 1980, qui regroupe quatre grandes religions (cités selon le nombre d’adeptes) : L’Église catholique romaine, l’Église de Jésus Christ à Madagascar ou le FJMK, l’Église épiscopale malgache (anglicane) et l’Église luthérienne

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Il existe cependant une vague de nouvelles Églises réformées à Madagascar, dont les positions vis-à-vis des quatre grandes religions varient selon les Églises. En effet, on peut par exemple citer des cas d’Églises qui se disent protestants, mais qui ne sont pas réellement intégrés dans l’Union des Églises protestantes (ou FJKM : Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara ou Eglises de Jesus Christ à Madagascar). C’est ainsi qu’on parle à Madagascar de « Église ainée » et « Église cadette » (en réalité, le mot malgache utilisé est « zandriny » ou « petit frère ou petite sœur. De la même manière, les sectes religieuses sont rares à Madagascar. Mais lorsqu’un Malgache parle de « secte », il sous-entend une église nouvellement réformée.

Histoire

L’histoire la plus récente qui a pu être confirmée est la présence de missionnaires Jésuites lazaristes portugais dans les environs de Fort-dauphin, revenu avec le fils du Roi Antanosy Andriantsiambany enlevé et devenu le filleul du Vice-Roi du Portugal en Inde. Il a été éduqué pour devenir le « Premier Roi chrétien de Madagascar ». Cependant, de retour au pays et décrété « Premier Roi de Madagascar » pour succéder à son père, il ne restait pas fidèle à ses engagements envers la couronne du Portugal et a repris les croyances de son peuple aux dépens du christianisme. Il interdisait même ses sujets à approcher les Jésuites et imposa un embargo contre ces derniers. Après la mort d’un prêtre dû à l’isolation et l’embargo imposés par le Roi, les Jésuites décidèrent de quitter le pays.

En 1735, le premier missionnaire catholique débarquait à Madagascar. Il se nomma Noël-Alexandre de Noinville du Glefier. Il a été reçu chaleureusement par quelques chefs de tribus des environs de la Baie d’Antongil dans le Nord de Madagascar, avant de tomber malade et succomber quelques jours plus tard à l’Ile Maurice, après 4 mois sur les terres malgaches. En 1773, la France a décidé de rouvrir la mission catholique de Madagascar, et confiait le projet au Père Gabriel Du Rocher. En 20 ans, cette mission était sur les bons rails, mais son expansion fut interrompue  par la Révolution française, lorsque le Père Gabriel Du Rocher a dû retourner en France.

Cathédrale anglicane Saint Laurent Ambohimanoro

Cathédrale anglicane Saint Laurent Ambohimanoro

Les premiers missionnaires ayant réellement entamé l’évangélisation de Madagascar dans son intégralité ont été envoyés par la London Missionary Society. Ils se nomment David Jones et Thomas Bevan et ont débarqué dans le Nord-Ouest de Madagascar. Du temps de Radama I, des missionnaires de la London Missionary Society ont établi contact avec Radama I (officiellement Roi de Madagascar), et ont obtenu son accord et son appui pour la traduction de la Bible en langue malgache. Par la même occasion, ces missionnaires ont créé la langue latine malgache, pour faire place au « Sorabe », le premier vrai alphabet malgache, tiré de l’arabe.

Lors du règne de Ranavalona I (épouse et successeur de Radama I), le christianisme a été interdit. En effet, la Reine a estimé qu’à travers le christianisme, les Européens agrandissaient l’influence culturelle sur les Malgaches, ce qui fût une réalité à cette époque pour l’ensemble des futures colonies européennes.

Radama II (fils et successeur de Ranavalona I), proclama la liberté religieuse en 1861, mais restait cependant très attaché à la religion traditionnelle malgache. Lors de son règne, les Européens et surtout les missionnaires ont pu revenir librement à Antananarivo, après avoir fui loin de la capitale pendant le règne de Ranavalona I. Lorsque la Reine Ranavalona II arrive au pouvoir, elle s’était converti au christianisme, baptisé publiquement avec le Premier ministre Rainilaiarivony le 21 février 1869, ayant même fait construire la chapelle d’Anatirova. Cette dernière a même brûlé des « Sampy » ou idoles royales pour affirmer sa nouvelle foi au Dieu des chrétiens. Cependant, les textes anciens racontent aussi que cette conversion refermait des dessous politiques. En effet, le christianisme gagnait du terrain auprès des dignitaires et de l’armée, si bien qu’à travers le parti protestant dirigé par un certain Rainimaharavo, les Anglais ont tenté de renverser la reine et de mettre à sa place le Prince Rasata (chrétien). Ce complot a été déjoué par le Premier ministre Rainilaiarivony qui a fait le forcing pour évincer Rainimaharavo et prendre sa place à la tête du puissant Parti protestant, qui réconfortera plus tard sa place de Premier ministre même si le trône a changé de main plusieurs fois.

La période coloniale sera ensuite marquée par la rivalité entre la branche protestante et la branche catholique. En effet, malgré la colonisation française, la branche protestante ne faiblit pas.  La LMS (London Mission Society) est renforcée par l’arrivée d’autres missionnaires d’autres sociétés comme la Norvegian Missionary Society, la Norvegian Lutherian Church of America ou le Lutherian Board of Mission. Mais en plus, Gallieni se tourne plus la Mission Protestante Française. En 1910, la « Conférence Universelle des Mission » d’Edimbourg va atténuer cette rivalité avec l’arrivée du premier souffle d’œcuménisme. Après l'indépendance, la branche protestante se divise en trois tendances principales : l’Église de Jésus Christ à Madagascar ou le FJKM (les reformés), l’Église épiscopale malgache (anglicane) et l’Église luthérienne.

Paroisse Internationale Andohalo

Paroisse Internationale Andohalo

« Fiangonana »

A Madagascar, l’Église se nomme « Fiangonana », un mot malgache pourvu de plusieurs significations. En effet, le mot « Fiangonana » peut être réellement traduit par « rassemblement ». Ce mot reflète donc l’image de base de l’Église des temps anciens, lorsque Jésus a réuni autour de lui ses disciples pour une prière ou pour des enseignements, puis lorsque les apôtres réunissaient quelques fidèles autour de lui, ou lorsque les prêtres réunissaient quelques fidèles. Notez que lorsque le christianisme fut encore interdit, ces rassemblements se déroulaient en cachette, souvent traqués par les militaires. Le mot « Fiangonana » a été ensuite projeté sur l’Église en dur, en pierre ou en brique, puis sur le système en général qui comprend la construction, les membres du clergé et les disciples. 

Revue de Presse