La religion traditionnelle malgache

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On estime aujourd’hui que 75% des Malgaches sont chrétiens et 15% sont musulmans. Cependant, la plupart pratiquent encore la religion traditionnelle malgache, une religion basée sur la foi en un Dieu unique qu’on nomme « Zanahary » ou « Andriamanitra », mais aussi sur la pratique du "Culte des ancêtres". La religion traditionnelle malgache s’exprime différemment selon les régions et surtout les groupes ethniques, mais le principe reste généralement le même partout à Madagascar. 

Histoire de la religion traditionnelle malgache

Les Malgaches ont plusieurs origines, mais la « race » dominante est celle des Polynésiens, qui ont débarqué à Madagascar par vagues successives depuis le VIe siècle d’après certaines estimations. Ce sont ces derniers qui sont à l’origine de cette religion monothéiste.

L’une des périodes marquantes de la religion traditionnelle malgache survient en février 1869, quand la Reine Ranavalona II se convertit au christianisme, en demandant à se faire baptiser, sous l’impulsion des missionnaires de la LMS (London Missionary Society). Le mois suivant, la Reine demanda que les sampy royaux soient brûlés puisque ces derniers sont « possédés » d’après les récits. Quelques semaines plus tard, la Reine ordonna que toutes les familles en fassent de même pour tous les sampy familiaux. Le Code des 305 articles, adopté en 1881, contient même plusieurs articles interdisant la possession de charmes, de talismans, et la pratique de la sorcellerie. « Ny manao ody ratsy hamonoana Andriana », ou « Faire usage de sortilèges pour tuer le souverain » se trouve même en tête des pêchés capitaux pouvant entrainer une condamnation à 20 ans d’emprisonnement.

Famadihana ou retournement des morts

Une cérémonie de retournement des morts ou Famadihana

Cette période fut le début de la grande percée du christianisme à Madagascar, aux dépens de la religion traditionnelle malgache, qui est désormais perçue comme une religion païenne, devenue équivalente de la sorcellerie. De nos jours, c’est surtout dans les régions côtières et autres régions reculées, que la pratique de cette religion persiste de nos jours. 

 Le culte des ancêtres ou des "Razana"

Dans la religion traditionnelle malgache, les morts ne sont pas morts. Au contraire, ces derniers participent au monde des vivants, sont porteurs de certains pouvoirs et sont les gardiens de la vie sur terre. Le culte des ancêtres ne remettait pas en cause l’existence d’un Dieu unique. Seulement, celui-ci est trop grand et trop haut, et laisse le soin aux ancêtres de s’occuper de leurs propres lignées.

Chaque ancêtre garde son individualité et ses attaches familiales. Les Malgaches croient alors que si le malheur survient dans une famille, c’est la conséquence d’un manquement envers les ancêtres. Et l’« obligation » des vivants envers les ancêtres s’étend sur de multiples sujets, tels la prière, le retournement des morts et le soin accordé aux dépouilles des ancêtres même si ces derniers sont morts depuis des dizaines d’années, le respect de la terre ou des biens immeubles si ceux-ci sont votre héritage de ces ancêtres, le respect des traditions et des fady… Encore aujourd’hui, certaines coutumes, certaines croyances et certaines connaissances, même de la vie quotidienne des Malgaches ne s’expliquent que par ces simples mots « Izany no fomban-drazana » (C’est ainsi que faisaient ou que pensaient les ancêtres).

C’est ainsi que pour le malgache, la mort est seulement une séparation entre le corps physique et l’esprit’. Le mort se voit donc comme une délivrance pour passer du monde visible au monde invisible. Une fois dans ce monde invisible, le mort bénéficie du même statut que de son vivant. C’est ainsi que les Malgaches enterrent les morts avec ses objets personnels, voire d’autres objets pouvant lui servir dans ce monde invisible. Certains documents racontent l’histoire du père de la Reine Rasoherina, qui fut enterré en même temps que son cheval pour avoir la liberté de pratiquer son activité préférée de l’autre côté. De la même manière, la cérémonie mortuaire est très importante pour les Malgaches, ainsi que le famadihana ou le retournement des morts

La prière dans la religion traditionnelle malgache

Sampy ou amulettes malgaches

Sampy ou Amulettes malgaches

Dans cette religion traditionnelle malgache, il n’existe ni temple, ni lieu de culte. C’est le père de famille ou le plus âgé lors des rassemblements plus importants qui officient la prière.

Le malgache invoque Dieu (Zanahary), les ancêtres et les esprits. Les ancêtres sont classés en deux catégories : les ancêtres royaux et les ancêtres familiaux. Sur ce dernier point, on invoque d’abord les ancêtres fondateurs de la lignée (les plus anciens) avant les récents défunts (souvent des proches parents). Il existe trois sortes d’esprits : le « Tsiny », le « Koto » et les « Kalanoro ».

Les prières s’accompagnent parfois d’offrandes ou de sacrifices, lors des grandes occasions ou lorsque la prière est réalisée pour un sujet trop important. Les offrandes peuvent varier selon les régions (riz cuit et banane par exemple pour les sakalava, mais des zébus pour les Mahafaly…) ou toujours selon l’importance du sujet.

Les Ombiasy

Les « Ombiasy » ou « Mpimlasy » sont les « sorciers » ou les gardiens des traditions, et pratiquent le culte des ancêtres. Entendons-nous que le terme « sorcier » pratique le côté « clair » et « bienfaisant » du sujet, par opposition au côté « sombre » dont les « sorciers » portent le nom malgache de « Mpamosavy ». Les Ombiasy détiennent les connaissances ancestrales et deviennent ainsi des « guérisseurs », des « astrologues ». Ces derniers connaissent aussi la pratique des « Ody », un mot malgache qui peut désigner aussi bien les « potions » que les « amulettes ». Le rôle des Ombiasy dans la société malgache est d’apporter la chance, la fortune, la santé… à une personne ou à une famille. Mais ils sont aussi à la charge l’annulation des sortilèges ou des actes malfaisants des « Mpamosavy » ou d’autres sorciers qui ne marchent pas dans le droit chemin sur une personne, en usant de leurs pouvoirs de guérisons.

Le Mpanandro

Le Mpanandro est l’astrologue et le devin de la société traditionnelle malgache. A chaque activité importante (mariage, début de la construction, début du travail de la terre pour la saison, voire la réalisation de projets plus intimes comme une demande en mariage…), le Malgache consulte le Mpanandro pour déterminer le jour le plus propice. 

Revue de Presse